LAGARDE ET MICHARD

LA GARDE ET MITARD

seraient-ils éternels?

 

Encore une mauvaise action que cette réédition d'un ensemble dont on pouvait penser avec plaisir que les derniers exemplaires achevaient de se désagréger dans de vieilles caves humides en espérant que, surcroît de bonheur, la Bibliothèque Nationale, par l'action d'un amoureux des lettres, avait peut-être égaré ou abandonné aux rats, les volumes jadis reçus par elle aux fins de conservation. L'oeuvre de ces deux là, hélas, ne renferment pas toutes les conneries, il s'en faut de beaucoup, que l'école et l'université ont pu déverser sur la littérature comme si elles n'avaient rien de plus pressé, déjà à l'époque où elles apprenaient quand même encore à lire, de dégoûter de la littérature leurs jeunes victimes. Et les commentaires reprenant les sempiternelles rengaines que l'imagination des journaloustiques spécialisés ressassent sans originalité : que dit-on de Gide, "mais qu'il était pédé voire pédophile, mon bon Monsieur!" tout comme mon arrière grand-mère le disait à son épicière, du chapelier du coin de la rue! "Et d'Untel inévitable Céline dit-on qu'il était antisémite?" comme s'il n'avait été que cela! et d'Unetelle??? Et combien de pages pour Claudel ou pour Beckett ou pour... Qui est grant'écrivain, qui est petit maître, dans ce répertoire de la connerie enseignante oubliant ceux qui ayant le bonheur de lui échapper, peuvent continuer leur petit bonhomme de chemin, ni classiques, ni romantiques, ni réalistes ou surréalistes, glanant ça et là quelques uns de ces vrais lecteurs, de ceux qui n'apprennent pas la littérature à l'école où elle sent encore plus le ranci qu'à l'Académie, mais dans le silence d'une chambre aux murs nus, libérés de ces pauvres drapeaux de clame chansons que la connerie adolescente ordinaire brandie à coup de colle sur le papier peint, communiant, vivant, se découvrant en découvrant le monde qui est toujours en soi, bien loin de ces niaiseries d'influences, de parentés douteuses, d'analyses pédantes, de citations imbéciles pour gens qui sont incapables de lire et encore plus de penser. Il en est toujours ainsi des malfaiteurs, ils agissent encore bien après leur mort, ainsi des trois imposteurs, Moïse, Christ et Mahomet dans l'ombre desquels la république laïque et l'université nous ont glissé en quatre ou cinq volumes, leurs petits malfrats : La Garde ( de quoi) et Mitard, réduisant Rabelais, embaumant Villon, analysant Zola, piédestalant Molière jusqu'à en donner la nausée au lieu de lire par exemple, les Précieuses Ridicules!

Faut-il que l'édition soit à bout de souffle et d'imagination pour reprendre cela!

(1 décembre 2003)